COURSE D'ORIENTATION

Auteurs : Marie-Violaine PALCAU, Pascal ROZOY

Faire de l'orientation, c'est réaliser un déplacement finalisé (je viens de, je suis à, je vais à) en terrain inconnu à l'aide d'un document de référence (plan, carte, roadbook ... ) et éventuellement d'une boussole.

La course d'orientation est une course individuelle contre la montre sur un parcours matérialisé par des postes (balises).

L'outil principal est la carte : elle oblige à passer de "sa propre perception" à un code commun et symbolisé. Les balises sont facilement identifiables (et non cachées). La boussole et la mesure des distances sont des moyens permettant de construire son itinéraire ; elles ne sont pas indispensables lors de l'initiation.

La course d'orientation est conçue comme une tâche de déplacement composée de trois phases :

1. une phase de repérage sur la carte (orientation de la carte, relation carte/terrain) ;

2. une phase de choix d'itinéraire à partir de :

* "lignes directrices", c'est-à-dire ce que je vais suivre (chemin, lisière...),

* "points d'appui", c'est-à-dire ce qui confirme mon itinéraire (virage, ruine...),

* "points de décision", c'est-à-dire là où je change de ligne directrice,

* "sauts", c'est-à-dire les endroits où je peux couper,

* "lignes d'arrêt", c'est-à-dire les lignes facilement identifiables que je ne dois pas dépasser, ou les lignes sur lesquelles je dois aboutir à la suite d'un saut (clôture, ligne électrique ... ) ;

3. une phase de réalisation de l'itinéraire, avec réajustement en fonction de la validité des choix et de la nature réelle du terrain.

 

Les problèmes posés à l'orienteur sont de quatre ordres:

1. Au niveau bio-informationnel, le problème est de traiter une multitude d'informations en un temps limité ou compté. L'orienteur est astreint à des choix d'éléments et d'itinéraire qu'il ne peut pas expérimenter. De plus il doit mémoriser les éléments qu'il a retenus. La vision centrale est utilisée pour lire la carte ou chercher un repère précis. La vision périphérique permet de suivre ou détecter des indices plus diffus (lumière d'une clairière, lisière...) et d'éviter les obstacles qui gênent la progression (branches).

2. Au niveau bio-mécanique, le problème est de courir en tout terrain et dans des postures inhabituelles en gardant le contact avec la carte pour ne pas perdre le fil de son déplacement.

3. Au niveau psycho-affectif et émotionnel, la contradiction est de "partir à l'aventure" et vivre des émotions, tout en restant maître de son déplacement. L'élève agit seul.

4. Au niveau bio-énergétique, l'orienteur doit veiller à choisir une allure de course lui permettant de rester lucide.

 

Les objectifs prioritaires à l'école sont donc :

- être capable de choisir des informations pertinentes pour construire un déplacement le plus rationnel possible ;

- être capable de courir en tout terrain ;

- être capable de se déplacer seul au moyen d'un document de référence en gérant ses émotions pour retrouver le point de ralliement à l'heure demandée.

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